Publié : 21 mars 2010
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Ce n’est qu’une femme !

Enquête Discrimination

M. Durant était un homme d’affaires dans une grande entreprise à la Défense ; il avait la cinquantaine ; il était tous les jours en costume . Il portait des lunettes rectangulaires qu’il abaissait lorsqu’il croisait un de ses employés, pour mieux le scruter semblait-il . Il avait des cheveux hérissés par le gel et il sentait fort le parfum, un parfum de grande marque...

Mme Valère travaillait pour M. Durant en tant que dame de service. Elle avait un beau visage mais elle était maigre, petite et ridée, bien qu’elle n’eût que 27 ans . Elle n’avait pas un métier très gratifiant mais elle était très intelligente . Elle n’avait pas eu assez d’argent pour financer longtemps ses études... C’était une amie de ma mère et c’est par celle-ci que j’ai connu son histoire.

Un jour, en 2009, elle fut enceinte. Connaissant les lois qui avaient été votées quelques années auparavant, elle ne se préoccupa pas de son congé maternité . Elle arrivait à l’entreprise exactement comme tous les jours, mais avec le sourire en plus . Elle alla en parler à M. Durant dans son bureau avec un certificat médical, attestant sa grossesse . Il lui demanda alors à partir de quel jour, elle serait en congé maternité. Puis, quelques minutes après, il l’invita à regagner son poste.

Tout se passait très bien. Mme Valère était embellie. Deux mois avant son congé, M. Durant la convoqua dans son bureau. Il dit :
« Tu sais que si tu n’es pas là durant plusieurs mois, ton travail ne sera pas fait tout seul...
Vous pourriez embaucher une autre personne pour me remplacer, l’interrompit Mme Valère .

Cela me prendra beaucoup de temps ... Et le temps, c’est de l’argent . Alors tu ne seras pas reprise après ce congé et tu seras moins payée durant celui-ci .
Vous n’avez pas le droit ! s’exclama la jeune femme révoltée .
J’ai tous les droits Valère, lui assura-t-il froidement .
Très cher seigneur Durant, dit-elle avec ironie, nous ne sommes plus au Moyen-Age, ni dans une dictature me semble-t-il . J’irai vous dénoncer aux Prud’hommes, vous ne m’intimidez pas, poursuivit-elle .
Me dénoncer ! Mais voyons, tu sais très bien que nous sommes en période de crise ! Retrouver un travail en ce moment sera très dur, si tu n’as pas gain de cause... »

Mme Valère après son congé maternité, ne réussit pas à reprendre son poste, ni un autre d’ailleurs . A la naissance de leur enfant, son mari et elle connurent rapidement des difficultés financières, étant donné qu’il n’y avait qu’un seul salaire pour faire vivre la famille.

Il est certain que la baisse de salaire ou le licenciement d’une femme qui est enceinte, est une action injuste, déloyale, choquante … Surtout pour une raison financière et économique. Et tout le monde semble d’accord là-dessus. En apparence . L’histoire de Me. Valère le prouve !

Des lois ont été votées : les femmes ont des droits. Mais dans le même temps, on remarque aussi qu’il y a encore des personnes, des directeurs d’entreprise par exemple, qui se permettent d’aller contre la loi ! Pourquoi ?

Au XXIe siècle, en république, c’est lamentable et révoltant !

Mélanie Bé 3e DAN