Publié : 30 mars 2010
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URSS ou la mort pour des idées …

Enquête Discrimination

En 1930, en URSS vivait Ulrich Stakanovic, un paysan au revenu faible. Il possédait quelques bêtes et des lopins de terre. C’était un homme digne, intelligent et très aimable. I1 vivait avec sa femme et ses trois enfants dans une isba vétuste. C’était un homme sans histoire. Et pourtant.....

Un lundi, il alla en ville pour acheter quelques provisions. Au moment où il entra dans un magasin, une photo de Staline, le chef du pays, tomba de la poche d’un officier de police. Par mégarde, Ulrich marcha dessus. A ce moment l’officier le regarda. I1 fut soupçonné d’être un ennemi du régime. On fit surveiller tous ses faits et gestes. Quand on cherche, on trouve.... Bientôt on le soupçonna de tenir des réunions politiques et de préparer un attentat contre le « petit père des peuples » alors qu’il ne réunissait quelques voisins que pour de simples parties de cartes !

Il fut emmené au goulag en Sibérie, au nord de l’URSS. On le condamna à 7 ans de travaux. L’enfer commença pour lui. Le premier jour, il décida de ne pas obéir. Mais les gardes ne le voyant pas travailler le frappèrent jusqu’à ce qu’il tombe d’épuisement sous la force des coups. Il retint la leçon et fit ensuite tout ce qu’on lui demandait, mais à contre coeur. Les gardes ne l’aimaient pas. Et le pire de tous, c’était le plus gradé : Yoroslave Ismikove. Cet homme était de la pire espèce humaine qu’il puisse exister. Il était raciste, moqueur, sans pitié, ni aucun respect pour les prisonniers. Au goulag, tout le monde le détestait.

Un jour,Ulrich ne portait pas assez vite de lourds blocs de pierre, au goût de Yoroslave. Ce dernier le frappa très fort. Ce fut un véritable calvaire. Et les prisonniers, témoins de ce horrible spectacle, ne pouvaient pas riposter car ils y auraient perdu la vie. Enfin, après qu’il en ait eu fini avec Ulrich, Yoroslave le regarda avec un air narquois et un grand sourire.
Ulrich gisait sur le sol boueux presque inconscient, il saignait, partout. Mais du haut de son courage, il se releva, péniblement. Et il osa s’adresser à Yoroslave :
- Et, toi ! Reste là !
- Yoroslave se retourna stupéfié. C’était la première fois qu’on ripostait contre lui. Et il répondit.
- Tu oses me parler, toi !!!!
- Oui . Tu ne me traiteras plus comme une bête, cria Ulrich.
- Quoi ? Tu n’es rien ! Tu crois que tes menaces me font peur.
- Tu n’es qu’un être ignoble et injuste, à l’image de ton maître, répliqua Ulrich. Mais je me servirai de ma force pour me venger et si après je suis condamné à mort, ce n’est pas grave. Je mourrai heureux de m’être vengé , termina-t-il posément . Yoroslave ne sut que répondre.

Et sans attendre Ulrich se jeta sur son bourreau et le frappa de toutes ses forces et le projeta à terre. Puis il le releva et lui fracassa le crâne, sur un amas de pierre. Yoroslave fut tué sur le coup. Juste après les gardes se saisirent d’Ulrich et l’emmenèrent dans un coin. Et on entendit 10 coups de fusil.

Comment des hommes comme Yoroslave pouvaient-ils être si inhumains ?
Même prisonnier, un homme reste un homme et mérite le respect. Mais certains Russes attachés au service de Staline se croyaient à l’époque invincibles, intouchables. Alors ils voulaient dominer les personnes qui n’avaient pas le droit de se défendre. Et n’importe quel individu pouvait être arrêté.

Personne n’avait de liberté. Staline décidait de tout ! Même des programmes des écoles ! Et parfois, il changeait des informations pour les remplacer par des mensonges. Les journaux aussi étaient censurés.

Il y eut bien des opposants au régime stalinien. Mais que pouvaient-ils faire ? Pour la défense de leurs idées, ils furent assassinés ou enfermés injustement. Juste pour leurs idées ...

Et aujourd’hui, que peut-on lire, gravée sur les murs d’une station de métro récemment inaugurée à Moscou ? Une citation de … Staline ! Ulrich Stakanovic doit se retourner dans sa tombe … Non ?

Valentin Filoque 3e DAN