Publié : 22 mars 2010
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Un jour, à Soweto…

Enquête Discrimination

Je me souviens d’un homme qui s’appelait Arthur. C’était en 1954, il vivait à Soweto, en Afrique du Sud, pays alors gouverné par les blancs. Seul, dans la rue, toujours à l’affût de « petits boulots », il avait du mal à se nourrir. Arthur était très mince, à la limite de la maigreur. Il avait une tête creusée par la faim ; malgré cela, il avait une allure noble et intelligente. Il avait une particularité, qui, à notre époque n’en est pas une, mais qui alors faisait toute sa différence : il était noir de peau. Quand il avait besoin de prendre le bus, il n’y avait pas de place pour lui ; quand il voulait jouer au rugby, cela lui était interdit ; quand il voulait aller à la plage, au Cap par exemple, il n’en avait pas le droit, sous peine de mort …

Je ne sais pas ce que le lecteur en penser ce qu’il voudra…

Un jour qu’il se promenait dans la rue, il fut moqué, insulté puis bousculé par un groupe de jeunes blancs. Il ne répondit pas à leurs insultes, mais ils lui crachèrent au visage. Le soir même, sans grand espoir, mais n’acceptant plus de courber l’échine, il se rendit au commissariat le plus proche pour se plaindre de cette agression ; mais un policier le mit à la porte. Il voulut protester mais la porte était déjà refermée. Il voulut pleurer mais on le regardait avec mépris dans la rue :... Il n’y avait personne pour le réconforter... Que penser de cette indignité ? Méritait-il ce traitement ?

Arthur, désespéré, chercha un endroit calme pour passer la nuit.Le lendemain matin, à son réveil, un jeune et bel enfant à la figure d’ange, blanc, était assis devant lui. Arthur se réveilla et sursauta ; l’enfant rit de sa surprise.
« -Pourquoi es-tu noir ? demanda-t-il innocemment.
- Et toi, pourquoi es-tu blanc ? interrogea Arthur.
- Je ne sais pas. Tu as faim ?
- Oui, je meurs de faim » avoua le jeune homme.

Alors l’enfant tira de son sac un énorme sandwich qu’il lui donna. Les yeux d’Arthur se remplirent de larmes, il remercia vivement le garçonnet, mais une femme arriva à cet instant, l’attrapa et le gifla.
« Mais, maman... ! pleurnicha-t-il.
- Je t’ai déjà dit de ne pas adresser la parole à cette vermine ! Et tu es encore moins autorisé à les nourrir ! Ce nègre n’a que ce qu’il mérite ! » répliqua l’odieuse bonne femme.

Arthur se leva et lui cria qu’elle n’avait pas à frapper son fils, qu’il l’avait nourri car il était généreux, mais qu’elle en revanche, n’avait aucune humanité et ne valait pas mieux qu’une bête !
Un groupe de policiers passait par là et la femme les interpella ; elle leur raconta qu’Arthur avait frappé son fils et qu’ensuite il lui avait volé son sandwich. Malgré ses protestations, il fut emmené puis emprisonné devant des dizaines de témoins. Personne ne dit rien...

C’est ce silence coupable qui aurait dû être condamné. Belle preuve d’intelligence de la part de la justice ! Belle leçon de morale !

Pourquoi parler aujourd’hui de l’Apartheid mis en place par les colonies de blancs dans le sud de l’Afrique ?

Parce qu’aujourd’hui encore des personnes noires sont victimes de discriminations de la part des blancs. Autrefois, certains ont résisté comme par exemple Nelson Mandela ou Rosa Parks aux USA, qui refusa de laisser sa place dans un bus à un blanc. Mais cela n’a pas suffi car bien que l’Apartheid n’existe plus depuis longtemps, certaines personnes blanches pensent toujours que les noirs leur sont inférieurs. L’élection de Barack Obama en est un bon exemple puisqu’il a fallu attendre jusqu’en 2008 pour que le premier président Américain soit noir.

Il faut donc continuer à élever la voix contre les discriminations jusqu’à ce que les racistes comprennent que de nos jours, le monde vit tout en couleurs.

Axel Hardy 3e DAN