Publié : 17 mars 2010
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Nojoud Muhammed Nasser : Jeune mariée

Enquête Discrimination

A huit ans, Nojoud Muhammed Nasser, une fillette yéménite (Yémen, État d’Asie Occidentale à la pointe du sud-ouest de la péninsule d’Arabie, religion Musulmane) était fort jolie, gracieuse ; elle avait de grands yeux pleins d’innocence et de petits doigts de fées, elle allait à l’école avec ses camarades, jouait à la poupée avec ses amies et menait une vie tranquille.
Mais un jour, son père, un homme sans humanité, qui ne pensait qu’à l’argent, voulut la marier de force, avec un homme, de trente ans son aîné. Il était très grand, avait les yeux noirs, un regard cruel et un cœur de pierre.
Nojoud refusa. Alors son père la battit et menaça de la violer si elle ne se pliait pas à sa volonté de père, puisque la tradition voulait lui obéisse. Elle devait se soumettre.

Contrainte et forcée, Nojoud se maria donc. Et elle alla vivre chez son époux.
Elle avait l’habitude d’aller à l’école ; mais son mari l’en empêcha désormais. Et il la priva de sa liberté : elle ne pouvait plus voir sa famille, ni ses amis. Elle devait assumer toutes les tâches ménagères et il lui interdisait de jouer ; le temps n’était plus à cela. Il la battait, la violait ... Il la terrorisait.
Un jour pourtant, alors que son mari était parti, elle alla voir sa mère et sa grand-mère en secret pour leur demander de l’aide car elle ne pouvait plus supporter cette vie. Mais elles lui répondirent qu’elles ne pouvaient rien faire contre cette coutume séculaire … Et que le seul moyen d’échapper à son mari était d’en parler à un juge.

Nojoud n’avait que huit ans mais elle se rendit à la cour de justice de Sanaà (la capitale) et dit à un juge qui en sortait : « Je veux divorcer ! ». Il l’entendit. On l’emmena dans une salle où elle raconta tous les abus et toutes les violences dont elle avait été victime. On arrêta son mari et son père : le premier avoua qu’il la maltraitait et fut mis en garde à vue ; le second, quant à lui, nia toute forme de maltraitance et fut relâché le jour même.
Nojoud avait regagné sa liberté.

Mais combien de femmes gardent le silence, ne trouvant ni l’occasion, ni la force de se plaindre de leur bourreau, qui est parfois un père, parfois un mari ; un homme qui, en toute logique , devrait leur donner de l’amour, du respect …

Il faut élever nos voix contre les hommes brutaux qui martyrisent des jeunes filles et brisent leur vie. Ils ont des méthodes monstrueuses ! Les fillettes ne sont pas méprisables, juste parce qu’elles sont des femmes, au point qu’on puisse décider à leur place de leur vie et les marier de force !

Non ! Aucun enfant, ni aucune jeune femme ne doit avoir à supporter cette horreur, cette violence, juste parce qu’elle est femme. Si l’on ne fait rien, peut-être que ce phénomène va se répandre…

Il faut dénoncer cette injustice, parce qu’en parler, alerter l’opinion, c’est rendre service à des milliers de femmes dans le monde qui se taisent.

Morgane Moeuf 3e DAN